billet du jour
Cheveux tissés
«Nœud après nœud, jour après jour, une vie durant, les mains de l'exécutant répétaient sans cesse les mêmes gestes, nouant et renouant sans cesse les fins cheveux, des cheveux si fins et si ténus que ses doigts finissaient immanquablement par trembler et ses yeux par faiblir de s'être si intensément concentrés - et pourtant l'avancée de l'ouvrage était à peine perceptible ; une bonne journée de travail avait comme maigre fruit un nouveau fragment de tapis dont la taille approximative n'excédait pas celle d'un ongle. Mais, malgré tout, l'homme se tenait là, accroupi, courbé au-dessus du châssis de bois craquant sur lequel son père et le père de son père s'étaient penchés avant lui [...]»
Ainsi commence le roman «Des milliards de tapis de cheveux» qui raconte comment sur une planète assez peu hospitalière perdure l'étrange coutume très ancienne qui consiste à tisser des tapis de cheveux pour les offrir à un empereur lointain. Finesse des cheveux, lenteur du travail, c'est un récit très poétique... Ce roman publié en 1995 a valu à Andreas Eschbach, auteur de science-fiction allemand, une renommée internationale dès sa parution.
Connaissait-il, lorsqu'il a rédigé ce roman les capes qui dans le nord
de la Chine, jusqu'au début de XXe siècle, étaient faites d'un feutre mêlant laine de mouton, de yack et de cheveux humains, plus précisément les cheveux des femmes qui plusieurs fois par jour brossaient leur chevelure épaisse et offraient à leur époux, à leur père, les cheveux ainsi récoltés. Le feutrage très serré que celui-ci confectionnait offrait une étanchéité quasiment parfaite, sous ce climat froid. Et bien sûr, les hommes qui portaient ce style de cape affichaient ainsi leur statut social et leur richesse. Pas assez fous, en tout cas, pour offrir leur cape à quelque empereur que ce soit... Ces capes ont été photographiées dans le catalogue «Cheveux chéris» du Musée du Quai Branly, lors de l'exposition du même nom en 2012 (page 119 et suivantes). Malheureusement, je n'ai pas trouvé de photographie de ces capes qui puisse être publiée dans ce blog.
Le cheveu, fibre assez répandue, se prête à beaucoup d'usages différents. Ce qui se rapproche le plus des pratiques textiles évoquées dans le roman d'Andreas Eschbach, c'est le travail d'Antonin Mongin, à regarder dans la vidéo ci-dessous. Ou encore le travail de broderie de l'artiste Daniella de Moura qui utilise le cheveu comme fibre privilégiée.
Partir d'un bon pied
Si on connait les sempiternels chaussons tricotés pour les bébés, on peut aussi leur coudre des petites chaussures, bien utiles pour que l'enfant garde les pieds au chaud, en attendant de savoir marcher. Voici deux livres bien utiles avec des modèles très confortables et «mode».
Tout d'abord «Adorables chaussons au tricot» par Florence Merlin (12,90€) qui propose de modèles de la naissance à 12 mois, dans tous les styles, avec des explications claires détaillées, dans la tradition des livres édités par les Éditions de Saxe.
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Pour coudre des chaussures en tissu, Cornelia Malsam propose 12 modèles dans «Chaussures à coudre pour mon bébé» : sandalettes, bottines, tennis, chaussures chic ou chaussures de sport, il y en a pour tous les goûts et toutes les saisons. Avec des explications et des patrons à taille réelle, pas possible de se tromper. (16€ - édité par Le Temps apprivoisé). Idéales pour habituer l'enfant à avoir le pied chaussé.
Et pour les plus grands ? les adultes ? car en attendant l'arrivée du printemps, on va avoir envie de garder les pieds au chaud, voici quelques modèles. Petit Citron en propose également ici.
Attention : prévoyez quelques points de gomme anti-dérapante sur la semelle car vous les utiliserez pour marcher et si vous tombez, vous tomberez de plus haut qu'un bébé...
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On trouve ces gommes anti-dérapantes dans les merceries et aussi dans les magasins de loisirs créatifs.
Trou suspect...
«La foule se précipita en avant avec un rugissement de curiosité et Howard se trouva porté jusqu’au corps de George. [...] Il prit une rame qui allait vers le centre. Habituellement, il était très sensible au bruit et au grincement du métro, acier sur acier, lui était une intolérable torture, mais à présent, il l’oubliait et s’accrochait à une poignée, reconnaissant de leur indifférence aux autres passagers plongés dans leur journal. Sa main droite, toujours glissée dans sa poche, en chercha automatiquement le fond. Il faudrait qu’il recouse cela dès ce soir. Il baissa les yeux et découvrit – le choc lui fut presque douloureux – que la balle avait troué le tissu. Il sortit rapidement sa main de sa poche et la plaça sur le trou, sans quitter le placard publicitaire qui lui faisait face. [...] Et personne ne l’avait vu tirer, il en était sûr. [...] À présent, il devait penser à se débarrasser d’abord du manteau. Il était trop dangereux de faire stopper ce genre de trou. Cela ne ressemblait pas à une brûlure de cigarette, cela ressemblait bien à ce que c’était...»
Si ce personnage de «Un alibi parfait» de Patricia Highsmith ne connait pas de stoppeuse discrète, encore sait-il ce qu’est le stoppage, ce que beaucoup de nos contemporains ignorent désormais, à notre époque de prêt à porter jetable.
En tout cas, n’assassinez personne à Toulouse en trouant bêtement la poche de votre manteau ou de votre veste, car il n’y a pas de stoppeuse à Toulouse, même s’il y a beaucoup de retoucheuses qui effectuent toutes sortes de réparations. Quant à le faire soi-même, c’est une autre affaire, nettement plus complexe que de recoudre un fond de poche... Stoppeuse fut naguère un métier qui nécessitait un assez long apprentissage car le but était de rendre invisible un trou dans un textile, non pas en le raccommodant, mais en reconstituant le tissage originel. Les stoppeuses sont maintenant rarissimes en France, quoique on sent frémir à nouveau une demande pour ce type de prestation en dépit de son coût assez onéreux, ce qui le cantonne aux vêtements de qualité, voire de luxe. Pour donner une petite idée de la nature de cette opération, on peut lire les quelques pages consacrées au stoppage à la toute fin de «Rapiécer et raccommoder» de Kerstin Neumüller, publié l'an passé par La Plage.
Que n’eut-il troué un pull ou une veste tricotée ? il aurait pu faire réparer cet accroc chez Couture en L, (36, rue Saint-Rémésy) qui pour réparer ce type de dégâts dispose de doigts experts...
P.s. «Un parfait alibi» est une des nouvelles publiées dans le recueil «Dernières nouvelles du crime», de Patricia Highsmith, chez Robert Laffont, dans son inépuisable collection «Bouquins»
Vos prochains rendez-vous sur l’agenda...
Couvre-feu
Quel crève-cœur ! tous les ateliers programmés doivent être déprogrammés jusqu'à nouvel ordre. En attendant de pouvoir retrouver nos ateliers collectifs dans des lieux publics,
Tata Georgette peut tout à fait, jusqu'à l'heure du couvre-feu à 18h, vous accompagner pour vos ateliers à domicile, avec deux personnes du même foyer et en prenant toutes les précautions sanitaires d'usage. Donc ces ateliers ne figurent bien sûr pas sur l'agenda qui est désespérément squelettique puisque c'est vous qui choisissez le lieu et le moment.
Pour un atelier à domicile, à Toulouse uniquement, vous pouvez me contacter via la messagerie de ce blog... en attendant de retrouver nos bons vieux ateliers, notamment la belle salle que nous avait préparée Kréatiss... et nous pouvons bien sûr coudre, broder, tricoter en solitaire après l'heure du couvre-feu... Courage !
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