Ce qu'il reste de votre agenda des loisirs textiles à Toulouse
et dans ses environs...
billet du jour
Jouer à la poupée
Le Père Noël a fait sa tournée dans la nuit d'hier. Sans aucun doute, il y avait parmi les jouets de sa hotte de nombreuses poupées. Mais sait-on, que si certains petits garçons devenus adultes continuent à jouer au train électrique, des petites filles devenues adultes font de même avec leur poupée ? c'est en tout cas un jouet que beaucoup de femmes conservent toute leur vie, tant le lien avec leur poupée est fort, même si cette poupée finit au fond d'un placard.
Mais une fois adulte, peut aussi «jouer» à la poupée pas seulement pour jouer mais pour expérimenter, enseigner. C'est ainsi que Marie-Angélique du Coudray, au XVIIIe siècle, créa des poupées pour enseigner l'art d'accoucher aux sages-femmes.
Il y a un peu plus d'un siècle, Frances Glessner Lee fit faire d'énormes progrès à la criminologie avec des petites poupées dans des scènes de crime très exactement reconstituées, en reprenant l'usage des maisons de poupées, jouet traditionnel offert à l'époque aux petites filles. Ces scènes de crime ainsi reconstituées étaient destinées aux étudiants du département de médecine légale d'Harvard, à l'époque des balbutiements de la science médico-légale. Le titre de chaque diorama a souvent une allure de titre de roman policier anglais comme «Le salon du presbytère», «La Salle de bain rose»,... et outre les fameuses poupées victimes de mort violente, habillées de façon très précise comme les victimes qu'elles représentent, on y trouve la reconstitution d'intérieurs du début du XXe siècle, de divers milieux, des plus bourgeois, avec par exemple un service d'argenterie miniature en argent, des mobiliers très exactement miniaturisés à l'identique, aux milieux les plus pauvres, dans des chambres en soupente. Dans une cuisine, par exemple, on trouve un minuscule moule à gaufre, arme du crime ???
Ces maisons de poupées bien particulières sont aujourd'hui exposées à Baltimore et toujours utilisées comme outils pédagogiques. Pour en savoir plus, voici le seul article de fond en français sur Frances Glessner Lee, et un diaporama également en français.
La naissance, la mort, voilà des occupations bien graves pour un jouet d'apparence si frivole et innocente !
Tissus d'Afrique...
Ici, c'est confinement et pluie... qui nous donnent une envie furieuse d'aller voir ailleurs ce qu'il advient de la planète textile. Aujourd'hui, nous nous intéresserons aux textiles africains, car ils sont nombreux, - et pas seulement limités au wax - et leurs usages innombrables, traversés de profondes mutations.
Voici deux conférences animées par Stéphanie Prinet Morou, conseil en stratégie de marque, reconnue pour ses analyses aiguisées du marché du textile et de la mode, et par Anne Grosfilley, docteur en anthropologie, spécialiste du textile et de la mode en Afrique. À écouter ici : Histoire et mode : textiles africains conférence n°1 ... et conférence n°2 en cousant, en brodant, en tricotant... en attendant la fin de la pluie. Elles sont d'ailleurs plus à écouter qu'à regarder car leur éclairage est assez médiocre et c'est bien dommage, - mais elles sont très intéressantes.
Anne Grosfilley avait déjà présenté une belle synthèse de ses recherches de terrain, en particulier en Afrique de l'Ouest. Rien ne lui échappe, aucune technique, aucun savoir-faire, dans le livre «Afrique des textiles» publié chez Edisud, en 2005. Donc il date un peu mais on peut encore le trouver en librairie - et en bibliothèque.
Elle y décrit tant les pratiques traditionnelles que les réactualisations que font les artisans grâce aux matériaux industriels, grâce aux créateurs de mode africains. On est donc très loin d'une vision passéiste, figée, mais elle y montre une création textile étroitement insérée dans la mondialisation du textile.
Click and collect
Le chef a dit : «reconfinement» et on se reconfine. Très bien ! Le chef a dit «rien que l'indispensable, pas de superflu» et donc voici les merceries fermées. Notez bien que les quincailleries restent ouvertes, car jugées indispensables... et pas seulement pour les professionnels du bâtiment ce qui se conçoit aisément, mais aussi pour les bricoleurs du dimanche. Alors que les merceries ne sont censées satisfaire que les caprices superflus de quelques bonnes dames oisives ? et pour ne pas faire de jaloux, voici qu'en plus les rayons mercerie des grandes surfaces sont fermés...
Sans doute ai-je l'esprit spécialement vindicatif et mal tourné, mais il me semble bien qu'il y a deux poids deux mesures. Comme dans notre pays ces deux activités, les techniques du bâtiment et du bricolage et les techniques textiles, sont profondément genrées, du côté masculin de la force, vous avez le droit de satisfaire aux nécessités de la réparation et de l'entretien de votre foyer voire de vous adonner à votre loisir bricoleur. Du côté féminin de la force, ben non. Vous voilà privée de fournitures pourtant essentielles (dont les fameux élastiques pour les masques). Sans compter que la couture et les autres occupations textiles sont parfaites comme activités d'intérieur, pour bien supporter le reconfinement en gardant le moral.
Nos mercières avaient pourtant pris des mesures contraignantes dès la fin du premier confinement, en limitant le nombre de personnes admises dans leur magasin, en tenant toujours la réserve de gel hydroalcoolique prête à l'emploi dès la porte d'entrée ; dans certains magasins, il était même interdit de toucher les tissus et autres fournitures textiles - et ça, c'est carrément héroïque ! Bref, elles avaient largement participé à «l'effort de guerre». Ben non ! chères mercières, vous voilà privées de vos clientes. Pour préparer l'avenir et parer à toute éventualité, il vous faudra désormais tenir un petit rayon «visserie, plomberie, électricité» ? et aussi un petit rayon d'épicerie, pour être sûres de survivre ?
Et le «click and collect» ? voilà une méthode qui va nous sauver ! encore faut-il que la mercerie ait préparé cela bien en amont car le nombre d'items en mercerie est quasiment le même qu'en quincaillerie, c'est-à-dire des milliers d'articles différents, autant dire qu'informatiser le catalogue complet des articles d'un magasin est une belle galère qui prend beaucoup de temps. Ou alors par téléphone ? mais la désignation orale d'un certain nombre d'articles n'est pas des plus simples et est très chronophage.
Dans les différentes pages du carnet d'adresses, vous trouverez des merceries, des marchands de tissus, dont certains pratiquent le click-and-collect. Il y a probablement près de chez vous des magasins qui offrent ce genre de service pendant le reconfinement. N'hésitez pas à les appeler et à leur passer commande. Et vous, chères collègues blogueuses, faites le recensement près de chez vous des merceries et autres fournisseurs textiles chez qui il est possible de passer commande et diffusez-le via vos blogs, tout comme il existe désormais un inventaire des libraires qui pratiquent le click-and-collect. Il y a urgence.
Confinez-vous bien ! et ne perdez surtout pas le fil...
Ce qu'il reste de votre agenda des loisirs textiles à Toulouse
et dans ses environs...
Vide-agenda...
Nous connaissions les vide-greniers, les vide-ateliers, voici le vide-agenda... Pourtant, après le grand désert que nous venions de traverser depuis le printemps, des événements textiles de toutes sortes étaient à nouveau proposés par les clubs, associations, entreprises du monde des loisirs textiles, avec certes beaucoup de prudence et de circonspection.
Mais patatras... il a fallu à nouveau vider l'agenda, effacer les dates et les événements, c'est un véritable crève-cœur. Restent les visites virtuelles comme pour le «Silk in Lyon», initialement prévu pour la mi-novembre et que ses organisateurs ont dû annuler. Pour pouvoir admirer le travail des différents exposants de cet événement textile de première importance, reste à cliquer ici.
Pour continuer le voyage au pays de la soie, voici un reportage sur le savoir-faire lyonnais. Mais d'ailleurs, pourquoi n'y-a-t-il pas eu d'industrie de la soie à Toulouse alors que les mûriers y pousseraient sans doute fort bien ? parce qu'à l'époque où cette industrie s'est développée en France, le pastel assurait très bien la prospérité de Toulouse et que personne n'imaginait que la concurrence des plantes à indigo coloniales serait fatale à l'indigo local (charme inépuisable de la mono-industrie ?) et aussi parce que Toulouse était loin des grandes voies de communication alors que Lyon était sur l'axe rhodanien. Bref, cela s'appelle louper le coche... et l'activité textile toulousaine a continué paisiblement rue des Filatiers et dans les rues alentour. Mais qui s'en souvient ? et aussi dans la région où elle est restée une «industrie invisible». Et pourquoi parler de la soie ? pardi, pour avoir un peu de douceur dans ce monde impitoyable ! Bon reconfinement !
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