Blog de l'actualité des loisirs textiles à Toulouse et dans la région.
Tata Georgette propose aussi des ateliers nomades de loisirs textiles : crochet, tricot, broderie... pour apprendre, se perfectionner.
Bienvenue dans le monde des loisirs textiles !
Encore intimidantes pour un certain nombre de tricoteuses, les aiguilles circulaires présentent toutefois de réels avantages par rapport aux aiguilles droites.
Leur but premier est de pouvoir tricoter une forme tubulaire, comme les chaussettes que l’on tricotait traditionnellement avec cinq aiguilles à deux bouts pointus, spectaculaire technique qui donne parfois l’impression de jouer au mikado... car cette technique nécessite une bonne dextérité pour ne pas perdre une aiguille en cours de travail.
Pour s’adapter au diamètre de la forme tubulaire tricotée, il suffit de choisir une aiguille circulaire dont le câble est assez long ou de pratiquer le magic-loop pour une forme tubulaire de petite circonférence, en tout cas plus petite que la longueur du câble. Dans ce dernier cas, utiliser deux aiguilles circulaires est aussi une bonne technique.
Une autre excellente raison de tricoter avec des aiguilles circulaires, dont la partie rigide est bien plus courte que les aiguilles droites, est qu’elle demande bien moins de force musculaire pour soutenir le poids de l’ouvrage qui glisse sur le câble en nylon reliant les deux extrémités et qui repose ainsi sur le giron, alors qu’avec des aiguilles droites, le poids de l’ouvrage pèse sur le bout extérieur des aiguilles et doit donc être porté par les bras, les poignets. Cela ne fait pas une grosse différence si on tricote un bonnet me direz-vous, mais pour un pull, pour un châle, la différence est énorme. Pour le reste, la gestuelle est identique, avec un mouvement bien fluide des doigts qui ne quittent pas les aiguilles à chaque jeté de fil pour créer une nouvelle maille. Pour vous aider à acquérir cette gestuelle, Tata Georgette est à votre disposition... car rien ne vaut un apprentissage « pour de vrai » (traduit du franglais : en « live») !
Comme la partie rigide des aiguilles circulaires est réduite à la pointe d’aiguille, cela permet de tricoter dans le train, dans le bus, en voiture, sans risquer d’embrocher les autres passagers car leur envergure est réduite au strict minimum. Il devient facile de voyager avec un tricot en cours, on peut également ranger l’ouvrage dans un sac qui n’a pas besoin d’être immense.
On élimine les coutures d’assemblage des différentes pièces et on peut essayer le vêtement en cours de réalisation, ce qui est assez pratique.
Un autre avantage, c’est que si on travaille de façon circulaire, on travaille toujours à l’endroit, ce qui est décidément bien pratique pour le jacquard, pour les torsades, etc. c’est plus simple et plus rapide. Mais attention, pour faire du point mousse, il faudra faire un rang endroit, un rang envers...
Et enfin, on peut tout à fait travailler à plat, de façon linéaire classique, avec des aiguilles circulaires, donc en faisant des aller-retours d’un rang à l’autre.
Si on apprend souvent encore à tricoter avec des aiguilles droites, le mieux est de passer très vite aux aiguilles circulaires.
Et les inconvénients ? le rangement : les câbles, si on les laisse aller à leur penchant naturel, ont tendance à s’emmêler ; il suffit de les ranger dans des pochettes séparées.
Et dernière conséquence de cette révolution technologique, les aiguilles droites seront bientôt invendables et deviendront des pièces de musée...
18 Janvier 2022
, Rédigé par Tata Georgette
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#Billet du jour
«Je fais quelques achats de moindre importance, achats dont je sens instinctivement qu'ils me seront soit inutiles, soit source de tracas. Un sac de voyage à fermeture Éclair, par exemple. De nos jours [dans les années 1920-1930], ces impitoyables fermetures Éclair imposent leur loi et compliquent la vie quotidienne. Il faut remonter la fermeture Éclair d'un corsage, descendre la fermeture Éclair d'une jupe. On en trouve sur tous les vêtements de ski. Des "petites robes toute simples" sont dotées ici et là de fermetures Éclair purement décoratives et parfaitement inutiles. Dans quel but ? Quoi de plus meurtrier qu'une fermeture Éclair qui vous joue un sale tour ? Jamais de quelconques boutons, crochets, pressions,, boucles, agrafes ou œillets n'auraient provoqué de situations aussi périlleuses.»
Et pourtant, contrairement à cette affirmation d’Agatha Christie extraite de « La romancière et l’archéologue » (publiée chez Payot et Rivages en 2006), cet article de mercerie est devenu incontournable dans une large part de notre garde-robe.
Qu’on l’appelle zip, ou plus exactement fermeture à glissière– mais qui emploie ces termes ? – car Éclair était une marque commerciale déposée en 1924, ce petit mécanisme qui permet l’ouverture et la fermeture d’un vêtement ou d’un accessoire nous apporte beaucoup de confort, de rapidité, et une très grande résistance par rapport aux boutons, lacets et autres systèmes de fermeture. Après plusieurs tentatives depuis le courant du XIXe siècle, la fermeture à glissière prend sa forme actuelle en 1913 avec un dispositif de dents engrenées à l’aide d’un curseur. Et elle arrive en Europe via l’uniforme des soldats américains, en 1917.
Sculpture de Jason Johnston
Et de zip, on passe à l’adjectif zippé... comme l’annonce le titre du livre : « Les bases des pochettes zippées : 55 projets en couture droite et courbe » de Yuka Koshizen, publié par les Éditions de Saxe. Sûr qu’Agatha se coudrait aujourd’hui une trousse pour ranger ses crayons...
Nadja Berruyer a publié récemment un très beau livre « Les monstres et Baba Yaga » qui présente 375 photographies (par Aurélie Martin) de 180 de ses plus beaux tableaux brodés depuis 1988. La préface est de Christian Lacroix pour lequel elle a travaillé une partie de sa carrière. Puis elle a fait un détour par le costume de scène, les costumes des académiciens avant de revenir à son grand amour, la broderie.
Broder, c’est faire la lumière, dit-elle (voir vidéo ici), ce qui décrit très bien la technique qu’elle affectionne particulièrement, la broderie de Lunéville qui nécessite une multitude de petites perles. Cette technique orna les robes des années 1920. Puis, le vêtement féminin s’allégeant et le coût étant très élevé, cette technique fut quasiment oubliée, sauf dans la (très) Haute Couture avant de revenir en vogue depuis une dizaine d’années, plus utilisée désormais pour la création purement artistique, ou pour des accessoires de mode. On trouve maintenant des cours de Lunéville, dont ceux prodigués par le Plumarium, près de Toulouse.
Ce très bel ouvrage m’a été chaudement recommandé par Odile, lectrice assidue de ce blog. Si vous aussi, vous repérez des livres, des films, des expositions, des informations textiles qui méritent d’être partagées, vous ferez des heureuses en me transmettant l’information car tout ce qui concerne les loisirs et les arts textiles est ordinairement négligé par la « grande » presse. Donc, c’est à nous, amatrices et pratiquantes de pallier ce désintérêt et je vous remercie pour votre vigilance. Merci Odile !
Pour acheter le livre - et éventuellement le film « Brodeuse » : c’est ici.