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Tata-Georgette

billet du jour

Gore ou trash ? osez le point de croix

27 Octobre 2020 , Rédigé par Tata Georgette Publié dans #Billet du jour, #Atelier

Ras le bol du point de croix gentillet avec des petites fleurs délicates et des zoziaux mignons ? ? ? vous êtes plutôt du genre trash ? gore ? gothique ? ou vampire ?  voici des propositions d'ouvrages bien saignantes, pour T-shirt, sacs, pantalons et autres affutiaux des rôdeurs des mondes obscurs. Il suffit d'utiliser une toile soluble pour broder sur tous types de tissus si les toiles traditionnelles pour point de croix sont trop gnian-gnian pour votre style sombre peuplé de têtes de mort et de monstres de tous acabits.

À broder de toute urgence pour Halloween !

Motifs trash au point de croix - de Phil Davidson - Eyrolles

 
Gore ou trash ? osez le point de croix
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Ayudha Puja

22 Octobre 2020 , Rédigé par Tata Georgette Publié dans #Billet du jour, #Loin d'ici...

Voilà une fête bien étonnante destinée à nos braves machines à coudre, à nos aiguilles à tricoter et à tous les autres outils que nous utilisons pour nos loisirs textiles.

C'est une fête traditionnelle en Inde, mais on peut sans doute l'importer. La veille il faut bien nettoyer les machines, les outils, puis les décorer avec des fleurs après les avoir placés à l'honneur avec des offrandes.  Et le jour J leur laisser une journée complète de repos. Bien mérité. Comme un 1er mai pour les instruments de travail en quelque sorte.

Est-ce si absurde ? pour nos esprits occidentaux soi-disant pragmatiques, sans doute. Mais franchement qui n'a jamais parlé à sa machine à coudre ? Qui n'a jamais eu un petit mot agacé pour des aiguilles tordues ou un fer à repasser qui crachouille couci-couça sa vapeur ?  Qui n'a jamais eu un petit mot gentil pour des ciseaux à la coupe bien nette ?

Bref, pour être raccord avec la fête Ayudha Puja qui se déroulera en Inde, surtout dans l'Inde du sud, le weekend prochain,  commencez dès à présent à nettoyer votre machine à coudre, votre fer à repasser, vos divers outils. Graissez-les bien si nécessaire car si cela ne dispense pas d'une révision générale chez un mécanicien spécialisé en machine à coudre ou un réparateur professionnel pour les ciseaux et autres instruments coupant, c'est tout de même une bonne routine à mettre en place. Puis prenez un moment pour les mettre à l'honneur, pour les admirer, éventuellement en organisant une parade... Laissez-leur une journée complète de repos. Au passage, cela vous fait aussi une journée de repos... Avant de repartir pour une dure année de labeur.

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Revue de presse...

18 Octobre 2020 , Rédigé par Tata Georgette Publié dans #Revue de presse, #Billet du jour

Deux revues sur le podium cette semaine... bien qu'elles m'aient un peu laissée sur ma faim, car elles traitent assez rapidement et superficiellement les sujets annoncés.

Tout d'abord Beaux Arts Magazine, BAM pour les intimes, qui dans son numéro 436 d'octobre propose le dossier suivant : « Pourquoi la mode passionne les musées ». Grave question en effet, car depuis la création du Musée des Arts de la Mode en 1986, la mode et plus généralement le costume et le textile ont fait leur entrée dans de nombreux musées via les collections permanentes ou des expositions thématiques.

De nouveaux musées consacrés au vêtement voire même à un seul couturier, ont vu le jour ; de très discrets petits musées comme le Musée de la Chemiserie et de l'Élégance masculine d'Argenton-sur-Creuse (en Indre), déploient de belles expositions thématiques. Plus près d'ici, le Musée de la Mode d'Albi a un succès grandissant, ou encore le vénérable Musée Saint-Raymond de Toulouse qui lors d'une récente exposition avait habillé quelques statues antiques à la mode d'aujourd'hui. Bref les exemples du nombre croissant de musée consacrés à la mode et de leur attractivité auprès du public ainsi que l'interconnexion accrue entre mode et musées d'art et d'histoire ne manquent pas, tant en France que partout ailleurs.

Mais au-delà de ce constat, comment expliquer le développement d'un domaine naguère dédaigné, considéré comme pas savant, trop futile, trop lié à la vie quotidienne, trop pollué par les contingences économiques, trop facilement assimilé aux Arts décoratifs, catégorie considérée comme mineure. De plus le textile rebutait les conservateurs de musées en raison de sa fragilité, de la difficulté de sa conservation et de son exposition au public. La convergence de plusieurs phénomènes éclaire la question du rapprochement mode/musées, outre les aspects institutionnels décrits dans BAM.  Il y a bien sûr le lien entre argent, luxe et art contemporain tel qu'il est analysé par un article de la revue du Crieur - car qui dit luxe dit Haute-couture, qui dit Haute-couture dit mode... Il a fallu aussi que l'Arte povera bouscule les us et coutumes des arts par son emploi de matériaux pauvres, et/ou peu pérennes, voire très rapidement dégradables. Il a fallu que des artistes, souvent des plasticiennes et sculptrices, s'emparent du textile comme matériau artistique.

Par ailleurs, le succès d'audience des expositions de mode et/ou de textile est dû en partie à un malentendu : il n'y aurait pas besoin de pré-requis «intellos» pour apprécier une exposition textile ou de mode car on pourra toujours se raccrocher au savoir-faire, à l'artisanat, ou à l'usage de l'objet montré, bref à une matérialité rassurante quoique souvent inconnue ou opaque. Sans compter que les catalogues de ces expositions textiles ou de mode sont en soi de beaux livres (pour Noël ???) qui «ratissent large», de l'esthète exigeant à la tata qui tricote (d'ailleurs parfois réunis en une seule personne...). Ce mouvement d'exposition de la mode et du textile s'accompagne de la création de galeries spécialisées qui témoignent bien de la naissance d'un nouveau secteur du marché de l'art, ainsi que les nombreuses ventes aux enchères ; c'est dire si le mouvement est profond et dépasse les musées.

Autre revue du mois, le Burda d'octobre qui fête son soixante-dixième anniversaire, donc né en 1950. Si on y trouve quelques anecdotes sur la carrière d'Aenne Burda, fondatrice de la revue, il n'y a pas grand-chose sur l'histoire proprement dite de la revue, et notamment sur les aspects techniques et éditoriaux, depuis les premières années avec sa diffusion uniquement en Allemagne et dans les pays germanophones, puis son arrivée en France, d'abord intégralement en allemand ; vers les années 70 est apparu le cahier central d'explications traduit en français avec encore beaucoup de vêtements «allemands» comme les dirnd'l, les culottes bavaroises pour hommes, les vêtements de communion pour les adolescents, et un je-ne-sais-quoi de sérieux... Puis les éditions intégralement en français, au début des années 1980, en russe à partir de 1987.  Burda est maintenant diffusé en de très nombreuses langues, un peu partout dans le monde - quelle émotion, il y a quelques années, quand au bord du Bosphore, dans un kiosque de presse stambouliote, j'ai trouvé un Burda en turc...

Il y aurait aussi beaucoup à dire sur l'évolution des explications et schémas explicatifs. Les feuilles de patrons sont devenues plus lisibles et aérées que celles des premières années, avec moins de modèles certes, mais déclinés en de nombreuses tailles alors que les modèles des premières années étaient proposés en deux tailles maximum, le plus souvent en une taille, et bingo, ce n'était pas pour vous !!! au cours des années 90, la gradation de la difficulté des modèles a été indiquée par un système simple de notation qui a sauvé la mise à bien des débutantes. Ou les adaptations «petites tailles» pour les morphologies françaises et latines, en général plus menues que les celles des Allemandes et autres nordiques. Et maintenant jusqu'au 54 pour tenir compte de l'évolution du monde. Au cours des dix dernières années, des stylistes et à des couturiers venus d'autres univers de la mode ont élargi les horizons «burdaliens»...

Voici, brossée à grands traits, car cela mériterait une étude plus approfondie, une brève histoire de Burda. Toutes les évolutions techniques et éditoriales ci-dessus ont marqué profondément l'édition des revues de couture et des patrons qui jusqu'aux années 50-60 ne s'adressaient qu'aux bienheureuses qui savaient coudre tant leurs explications étaient laconiques et les schémas quasiment inexistants.  Actuellement, toutes les revues de patronage pour la couture à domicile sont imprégnées de la culture de la précision technique et de la pédagogie «Burda» dont les pas-à-pas sont de véritables outils d'apprentissage et ne se contentent pas de décrire platement l'opération à effectuer. Cette qualité technique des patrons, des textes explicatifs et des schémas de Burda explique sans doute pourquoi on en trouve si peu dans les Puces des couturières, un peu comme les «Cent Idées» d'antan car leurs propriétaires les gardent précieusement, voire les transmettent à leur fille et petite-fille.

Dans ce numéro d'octobre de Burda, on trouve également quelques modèles vintage des années 50 adaptés aux morphologies des femmes d'aujourd'hui. Et bien sûr des modèles contemporains. Bon anniversaire, Bubu !

Je vous annonçais deux revues, puis en relisant, j'en trouve quatre... Bonne lecture à vous ! cousez bien !

Vos prochains rendez-vous textiles à Toulouse
et dans ses environs...

Revue de presse...
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Au son du tambour

13 Octobre 2020 , Rédigé par Tata Georgette Publié dans #Ça n'a rien à voir quoique..., #Billet du jour

Dans le domaine textile, le mot «tambour» a deux acceptions.

Celui du tambour que l'on utilise pour broder, sur lequel on tend bien la toile. Il en existe de différentes tailles, libres ou montés sur pied, mais il s'agit toujours de deux cercles concentriques fixés l'un autour de l'autre, en bois de hêtre ou de bambou, en tout cas un bois assez flexible. Si le tambour à broder est d'un maniement un peu délicat au début de l'apprentissage de la broderie, il permet toutefois une grande régularité dans l'exécution de l'ouvrage. Il est même indispensable pour de nombreuses techniques de broderie comme par exemple les jours brodés, le punch needle, la peinture à l'aiguille, la broderie Richelieu, etc. On peut aussi l'utiliser comme encadrement de l'ouvrage brodé fini ou pour fixer des «attrape-rêve» réalisés en macramé ou au crochet. Bref, c'est un tambour bien accommodant et sans histoire.

Puis il y a le tambour de la machine à laver. D'abord, il est en métal, nettement plus bruyant, peu regardant sur la façon dont on enfourne le linge dans la machine et pas davantage quand on le ressort. D'où il s'ensuit des aventures diverses. Comme le mystère des chaussettes orphelines (à écouter ici). Partout dans le monde, les tambours de machines à laver sont des lieux de perdition pour divers éléments de garde-robe, comme en témoignent Xiu'e et son mari Wanji, à Taïwan. Ces alertes octogénaires ont organisé, pendant le confinement, un défilé de mode avec tous les habits oubliés par les clients de leur pressing depuis un certain nombre d'années. Le résultat est assez amusant comme on peut le voir ici.

Et si ce voyage au pays des tambours vous convient, vous pouvez le prolonger ici...

Vos prochains rendez-vous textiles à Toulouse
et dans ses environs...

Au son du tambour
Au son du tambour
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