fibres a la folie
Stage de tissage
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Vos prochains rendez-vous textiles
à Toulouse et dans la région...
Maroquinerie végétale
Avant, pour se donner le frisson, on pouvait être adepte du « cuir & latex ». Maintenant, c’est bien plus tendance d’être « liège & pinatex » !
Liège : c’est l’écorce du chêne-liège, ultra légère que l’on travaille désormais en fines couches, comme un textile pour en faire des accessoires de mode.
Piñatex : un cuir à base de feuilles d’ananas, mis au point par Carmen Hijosa, une créatrice textile espagnole qui avait été intriguée par l’habit de cérémonie que portent les hommes aux Philippines : le Barong Tagalog, une tunique blanche très fine, souvent brodée.
Le Piñatex est un feutre réalisé avec les fibres longues des feuilles d’ananas qui sont jetées après la récolte des ananas, soit plus de 40 000 tonnes de déchets par an ! ! ! De ce déchet, il suffit de faire un feutrage plus ou moins épais selon l’usage auquel on le destine, sacs, chaussures, chapeaux, etc. Le Piñatex est surtout utilisé pour des accessoires mais rien n’empêche d’en faire des vêtements comme on a pu le voir lors de défilés de mode. Ou encore des éléments textiles pour le mobilier d’intérieur.
Excellente alternative végétale au cuir, le Piñatex a l’aspect du cuir, un toucher doux, il résiste à l’abrasion, à la crevaison, à la traction et à la rupture des fibres. Le Piñatex peut être teint, imprimé, brodé. Il est probable, qu’avec tant de qualités, le nom de marque Piñatex deviendra un nom commun, pour désigner toute fibre à base de feuille d’ananas. Cela avait le cas pour le Nylon, le fermeture Éclair, etc.
Outre quelques grandes marques qui ont déjà adopté le Piñatex, Nike par exemple, une maroquinière régionale en a fait son matériau fétiche. Florence Bazan, établie à Belpech, produit des sacs, des porte-monnaie, des accessoires de mode. Elle a viré vers la maroquinerie végétale après une solide formation en couture, à Bordeaux. On peut trouver ses produits sur son site BKO Maroquinerie, dans des salons, chez des revendeurs et sur les marchés artisanaux, comme celui de Blagnac, du mercredi 24 au dimanche 28 novembre 2021, et à Pamiers du vendredi 10 au vendredi 24 décembre, où vous pourrez tâter du piñatex et du liège, puisqu’elle travaille également cette écorce.
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De la mer aux textiles...
À 7h35 ce matin, le Vendée Globe a pris fin avec l’arrivée d’Ari Huusela aux Sables-d’Olonne. Bravo ! car même le dernier arrivé est gagnant dans cette compétition. Merci à toutes et à tous, qu’ils soient arrivés ou aient dû abandonner, qu’ils soient au classement ou hors compétition comme Samantha Davis et Isabelle Joschke qu’on soupçonne capables de terminer à la rame s’il l’eût fallu, pour cette belle aventure qu’ils ont partagé avec nous autres pauvres terriens. Courage, ténacité, mais aussi prudence, compétence, solidarité, voilà quelques unes des qualités dont ils ont tous et toutes fait preuve au long de leur périple.
Lors de leur circumnavigation, les navigateurs participants à cette fabuleuse course ont partagé autre chose avec nous : l’usage de textiles. On pense aux voiles. Il y a aussi les cordages. Il y a tous les vêtements et accessoires des marins, jusqu’à la combinaison qui a permis à Kevin Escoffier de survivre une nuit à son naufrage, dans une eau un peu frisquette... Il arrive même que les marins aient besoin de coudre en mer. Donc, si le Vendée Globe n’est pas en soi une activité textile, les matériaux et activités textiles y tiennent une bonne part.
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Ce rapport étroit du textile et de la mer est ancien et constant, ainsi qu’en témoigne le livre « De la mer aux textiles » récemment publié par les éditions Indes savantes. Bien que les auteurs de cet ouvrage ne prétendent pas épuiser le sujet, ils proposent un vaste tour d’horizon des liens qui unissent la mer et le textile. On y traite du textile dont est fait le bateau (calfeutrages, voiles, filets, cordages). Mais il y est aussi question du textile transporté, sous toutes les latitudes, dans les échanges commerciaux, de l’influence de la mer sur la mode. Toutes les techniques textiles sont mises en œuvre, le tissage, le tressage, la maille, les nœuds, la couture, etc.
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Ouvrage sérieux et même savant, comme toujours avec les publications de l’AFET, c’est aussi un beau livre de 194 pages que l’on aura plaisir à feuilleter car bien illustré et mis en page. À offrir aux amateurs de textile et de navigation.
Disponible dans toutes les bonnes librairies et ici, au prix de 28€.
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Cheveux tissés
«Nœud après nœud, jour après jour, une vie durant, les mains de l'exécutant répétaient sans cesse les mêmes gestes, nouant et renouant sans cesse les fins cheveux, des cheveux si fins et si ténus que ses doigts finissaient immanquablement par trembler et ses yeux par faiblir de s'être si intensément concentrés - et pourtant l'avancée de l'ouvrage était à peine perceptible ; une bonne journée de travail avait comme maigre fruit un nouveau fragment de tapis dont la taille approximative n'excédait pas celle d'un ongle. Mais, malgré tout, l'homme se tenait là, accroupi, courbé au-dessus du châssis de bois craquant sur lequel son père et le père de son père s'étaient penchés avant lui [...]»
Ainsi commence le roman «Des milliards de tapis de cheveux» qui raconte comment sur une planète assez peu hospitalière perdure l'étrange coutume très ancienne qui consiste à tisser des tapis de cheveux pour les offrir à un empereur lointain. Finesse des cheveux, lenteur du travail, c'est un récit très poétique... Ce roman publié en 1995 a valu à Andreas Eschbach, auteur de science-fiction allemand, une renommée internationale dès sa parution.
Connaissait-il, lorsqu'il a rédigé ce roman les capes qui dans le nord
de la Chine, jusqu'au début de XXe siècle, étaient faites d'un feutre mêlant laine de mouton, de yack et de cheveux humains, plus précisément les cheveux des femmes qui plusieurs fois par jour brossaient leur chevelure épaisse et offraient à leur époux, à leur père, les cheveux ainsi récoltés. Le feutrage très serré que celui-ci confectionnait offrait une étanchéité quasiment parfaite, sous ce climat froid. Et bien sûr, les hommes qui portaient ce style de cape affichaient ainsi leur statut social et leur richesse. Pas assez fous, en tout cas, pour offrir leur cape à quelque empereur que ce soit... Ces capes ont été photographiées dans le catalogue «Cheveux chéris» du Musée du Quai Branly, lors de l'exposition du même nom en 2012 (page 119 et suivantes). Malheureusement, je n'ai pas trouvé de photographie de ces capes qui puisse être publiée dans ce blog.
Le cheveu, fibre assez répandue, se prête à beaucoup d'usages différents. Ce qui se rapproche le plus des pratiques textiles évoquées dans le roman d'Andreas Eschbach, c'est le travail d'Antonin Mongin, à regarder dans la vidéo ci-dessous. Ou encore le travail de broderie de l'artiste Daniella de Moura qui utilise le cheveu comme fibre privilégiée.
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