fibres a la folie
Un si long fil...
Longtemps, on a tricoté des laines pour aiguilles n°x car les fabricants de pelotes de laines n'indiquaient que cette mention sur leurs pelotes. Et donc, c'était un peu compliqué si on décidait de tricoter un modèle en utilisant une autre laine. Comment être sûre d'avoir la même grosseur de fil, autrement dit le même rapport poids/longueur du fil ? et au final, le même rendu une fois l'ouvrage terminé ?
Ce rapport longueur/poids est appelé titrage. Le poids est indiqué en grammes (et en onces parfois), la longueur en mètres (et parfois en yards...). Il s'agit d'une longueur approximative, à quelques centimètres près, en fonction du degré d'humidité contenue dans la fibre.
Plus le fil est fin, plus la pelote contient de mètres de ce fil. Et inversement, plus il est épais, plus court il sera. Par exemple, un rapport de 125m pour 50g se tricote avec des aiguilles n°3,5, en général. Un rapport de 200m pour 50g correspond à un fil dit «dentelle» pour tricoter de fins châles en dentelle shetland, par exemple. Il faudra donc plus de temps pour tricoter une pelote de 50g. Tandis qu'un rapport de 70m pour 50g correspond à un fil épais qui «avancera vite», comme on dit couramment, mais il faudra plus de pelotes pour tricoter ou crocheter un ouvrage.
Tout cela a aussi sa norme depuis 1956 : le tex qui correspond au poids en gramme pour 1 000m de fil (par exemple 20tex =1 000m pèsent 20g). Cette unité est utilisé dans toute l'industrie textile. Mais pour l'usage courant des tricoteuses, la mention est toujours indiquée par rapport au poids de la pelote, 50g le plus souvent, même s'il est moins rare de trouver des pelotes de 100g.
Désormais, depuis un certain nombre d'années (15 ? 20 ?), les fabricants indiquent systématiquement ce titrage sur le bandeau en papier qui enveloppe la pelote. Si la mention de la taille des aiguilles est toujours mentionnée, c'est bien le titrage la mention la plus importante. Cela ne dispense toutefois pas de faire un échantillon, y compris si on prend une laine autre que celle mentionnée sur le modèle, y compris si elle a le même titrage.
Et pour savoir combien de mètres de laine ont été nécessaires pour un pull déjà tricoté ? pourquoi pas comme dans la vidéo jointe... même si s'y mettre à trois pour répondre à cette question me laisse songeuse...
Vos prochains rendez-vous textiles à Toulouse
et dans ses environs..
Avant le plasticocène...
La vannerie est cette technique qui consiste à tisser des fibres végétales plus ou moins épaisses pour en faire des paniers et toutes sortes d'objets utilitaires. On utilise l'osier, mais pas seulement ; les branches souples et fendues dans la longueur de divers arbres comme le noisetier, le châtaignier, mais aussi la paille ou des herbes ou des plantes de toutes sortes.
Autrefois, avant l'ère du Plasticocène, la vannerie était très pratiquée et on prenait ce qui poussait là où on se trouvait, même si des fibres exotiques comme le bambou sont venues enrichir l'art des vanniers. On produisait des objets en vannerie partout en France, soit à titre de production domestique par les hommes de la maison le plus souvent, en hiver au coin du feu, soit par des vanniers professionnels. Ce qui explique que la vannerie était pratiquée dans quasiment toutes les régions françaises.
Sur la route des vacances, il y a de jolis petits musées consacrés à la vannerie et il serait difficile de les présenter tous. On peut citer le petit musée, créé et géré par des amateurs passionnés de vannerie, qui se trouve à Vallabrègues, dans le Gard.
Où : Musée de la Vannerie - Grand Café du XIXe siècle - 4, rue Carnot - 30300 Vallabrègues
Quand : du 3 avril au 12 octobre
Un autre lieu incontournable de la vannerie se trouve à Fayl-Billot et regroupe un musée, l'École nationale d'osiériculture et de vannerie et une très belle exposition d'architecture végétale, des créations design, des créations d'artistes contemporains qui utilisent cette technique fort ancienne.
Où : Maison de la vannerie - Espace Saint-Antoine - 36, Grande-Rue - 52500 Fayl-Billot
Quand : toute l'année
Quand : du 7 avril au 3 novembre
Au bord du lac
Le «punch needle» ou en patois de chez nous, la broderie au poinçon, c'est une façon de dessiner avec de la laine pour réaliser des petits tapis (ou des plus grands), des galettes de chaises, des coussins douillets ou toutes sortes d'objets décoratifs. La technique, remise au goût du jour, est assez simple, rapidement accessible aux débutants en broderie, aux enfants. On dessine un motif au feutre sur le tissu, puis on commence à broder avec une aiguille spéciale. Tout cela est très bien expliqué ici - merci à mes consœurs blogueuses !
On peut aussi utiliser un kit ou un modèle fourni par certaines boutiques, et pour la laine, on peut quasiment tout utiliser. J'aime particulièrement la laine fine crewel, teinte avec des végétaux, par Renaissance Dyeing qui propose une gamme de kits punch needle ; cette gamme va d'ailleurs s'élargir dans les mois à venir. Et cet été, comble de bonheur, on peut prendre son pique-nique et s'installer sur les rives du lac de Montbel puis visiter la boutique de Renaissance Dyeing, les mardi et mercredi après-midi de 14h30 à 17h et le samedi matin de 10h à 12h30. Il est cependant préférable d'envoyer un petit courriel car parfois, nos teinturiers ariégeois sont en vadrouille, et ils prévoient même de prendre eux aussi quelques jours de vacances... fin août, mais on ne sait pas encore exactement quand... et puis Andie et Adriaan ne sont pas non plus des accros du téléphone portable ! mais leurs laines teintes sont si belles qu'on veut bien leur pardonner.
Où : Renaissance Dyeing - Place Théophile Delcasse
09600, Montbel d'en Bas - tel 04 68 31 53 23
Compétition sportive
Les 1 800 habitants du village Le Dorat, en Haute-Vienne, reçoivent à la fin de cette semaine le Championnat du monde de tonte, car outre les 300 compétiteurs venus du monde entier, 5 000 moutons et plus de 30 000 visiteurs sont attendus pour participer ou assister à cette sorte de tournoi de six nations de la laine.
Les concurrents français auront fort à faire devant les favoris, les Néo-Zélandais, mais aussi devant les compétiteurs venus des autres pays producteurs de laine, principalement les Anglo-saxons, les Espagnols. En clair, ça va barder, avec des épreuves aux forces (ciseaux) et au rasoir électrique. Avec podiums et hymnes nationaux... comme pour les autres sports...
Plus de 300 tondeurs vont s'affronter en tondant 5 000 moutons. Et comme pour tous les sports, les compétiteurs se sont entrainés dur... car la tonte de mouton combine plusieurs qualités : l'endurance (le travail se fait courbé, en manipulant un animal vivant), la rapidité (les meilleurs tondent une brebis en moins d'une minute...) et la précision pour ne pas blesser l'animal, ce qui pénalise gravement le compétiteur.
De plus les juges notent la tenue de la bête, le geste lui-même car le tondeur ne doit pas passer deux fois sur la même laine ; l'animal doit être débarrassé de toute sa laine, les passages de la tondeuse doivent être quasiment invisibles sur la peau de la bête, la laine doit être triée par morceaux de toison et donc de qualité de la fibre, celle du ventre étant plus sale, celle du dos plus longue, etc.
Souhaitons bon courage à l'Équipe de France qui affrontera les autres équipes nationales : Reinard Poppe (tonte aux forces), Loïc Jauberthie, Thimoléon Resneau et Loïc Laygonie (tonte machine), Adèle Lemercier et Lucie Grancher (tri et préparation de la laine), sous la conduite d'Alain Belliard (manager), tandis que Klaus Jiefer et Jules Resneau seront les référents juges pour les outils.
du jeudi 4 au dimanche 7 juillet 2019
Championnat international de tonte de moutons
organisé par l' Association pour le Mondial de Tonte de Moutons
Lieu : 87210 Le Dorat
Renseignements : 06 74 52 94
Pour y aller : le covoiturage ou l'autopartage avec Citiz
Vos prochains rendez-vous textiles ...
/image%2F0486152%2F20190705%2Fob_da84ea_2019-07-03-renaissance-dyeing-punc.jpg)
/image%2F0486152%2F20190705%2Fob_142463_2019-07-05-lac-de-montbel-proxy-duck.jpg)