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Tata-Georgette

fibres a la folie

Soie bouconnaise ?

29 Mai 2019 , Rédigé par Tata Georgette Publié dans #Fibres à la folie, #Billet du jour

Récemment, une invasion de bombyx était annoncée dans la forêt de Bouconne, où ces chenilles  vont dévorer les feuilles printanières et tendres des chênes, entre avril et juillet. Donc, en ce moment, les chenilles sont en plein grignotage... miam... avant de se transformer en nymphes puis en papillons, bref le grand cycle de la vie des bombyx.

Cette pullulation, qui a été détectée dès l'automne dernier, quand les forestiers ont reconnu les pontes de Bombyx en très grand nombre sur les troncs d'arbres,  revient environ tous les 10 ou 15 ans dans la même forêt, y reste en gros deux ans. Parfois l'intervalle est plus long entre deux passages : la dernière fois, c'était 1992, en forêt de Bouconne.

Donc les chenilles voraces du bombyx du chêne sortent de leur cocon. Cocon... bombyx... qui dit cocon de bombyx dit soie, non ? ne pourrait-on pas récolter de la soie en forêt de Bouconne, cela changerait des champignons ? en fait,  il s'agit du bombyx disparate ((lymantria dispar), de la famille des lépidoptères (papillon) et non pas du bombyx du mûrier qui fournit habituellement la soie. Il y a bien la soie tussah qui est produite par un bombyx nourri de feuilles de chênes, mais il  semblerait qu'il s'agisse d'un autre ver à soie, vivant en Asie, dit «ver à soie tussah», (anthéraea pernyi plus précisément). Il y a aussi le Saturnie du chêne du Japon, introduit en France au XIXe siècle. Bref, la famille des bombyx est vaste mais pour la soie, il faudra continuer à aller chez nos fournisseurs habituels.

Ci-dessous : une vidéo tournée en Corse où l'on voit très bien cette insatiable chenille.

Vos prochains rendez-vous textiles...

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Tartan Day

5 Avril 2019 , Rédigé par Tata Georgette Publié dans #Fibres à la folie, #Billet du jour

Si vous avez raté la Saint-Patrick (fête irlandaise), peut-être pourrez-vous fêter demain le Tartan Day dans un pub écossais. Car il y a sans aucun doute des Écossais qui se sont installés à Toulouse et dans la région, à l'instar de ceux qui ont émigré aux États-Unis et y ont créé cette fête qui célèbre leur costume remarquable. Quoique, tous renseignements pris, aucun des pubs toulousains n'a fait de proposition de Tartan Day. Quoiqu'il en soit, le Tartan Day aura lieu demain le 6 avril. Donc, vous enfilez votre jupe «écossaise», votre pantalon «écossais», voire votre kilt et allez en bonne compagnie boire une bière* dans un pub écossais ou irlandais (pas anglais puisqu'ils brexitent, parait-il).

En cas de doute, (bière ou whisky* ??? euh...) à savoir si votre tissu à carreaux est un motif tartan ou pas, il est plus prudent de consulter le Scottish Tartan Authority et son Scottish Register of Tartan. Car si le monde des tartans est riche, varié, reconnaissable entre tous les motifs à carreaux, pas question de faire dans l'approximation d'après cette vénérable association écossaise car d'une part, chaque tartan a un nom, et d'autre part, chaque tartan est porté traditionnellement par un clan, un seul, sauf permission spéciale. Mais ils reconnaissent aux non-Écossais le droit de porter le tartan de leur choix... ouf ! 

Ainsi grâce à l'ouvrage de Sylvie Lagorce, «Kilts et tartans» paru en 2010 aux Éditions du Rouergue,  j'ai appris que ma jupe «coin du feu» que j'aime beaucoup porter en hiver est faite dans le beau motif William Wallace, du nom du patriote écossais surnommé «Braveheart» qui prit la tête d'une révolte contre les Anglais à la fin du XIIIe-début du XIVe.

Étoffe de laine à carreaux de couleurs, le tartan était traditionnellement porté par les hommes, notamment les militaires, sous la forme du kilt, puis cet emblème de l'Écosse a revêtu les femmes qui se faisaient tailler des robes dans le tartan de leur clan. Puis les usages se sont encore élargis, d'abord hors des clans écossais, et hors d'Écosse.

Et demain, pour le dress-code, on fait comment si on n'a pas de tartan traditionnel sous la main ? sortez votre sac, ou votre écharpe ou un autre vêtement à motif Burberry avec son indémodable motif associant le blanc, le noir, le beige avec un filet de rouge - couleurs et motif de Burberry, contrefait à toutes les sauces bien que très officiellement protégé depuis 1967.

À moins que vous ne préfériez un costume punk ou gothik car ces tendances vestimentaires avaient largement utilisé les tartans, reprenant ce grand standard du vêtement bourgeois à l'élégance sobre et sans tapage pour exprimer leur refus de la politique de Margaret Thatcher. Un siècle plus tôt, les tartans avaient habillé les dandys romantiques... Bref, les tartans ont une histoire mouvementée, passant avec brio du tailleur bon-chic-bon-genre de la princesse royale au grunge le plus affirmé... tels des classiques «tous terrains» et ils reviennent régulièrement à la mode, repris par de grands noms de la couture, comme Vivienne Westwood qui «décoinça» radicalement le tartan.

Donc, vous avez bien compris que kilt désigne le vêtement porté par les hommes, et tartan le tissu dans lequel il est fait. Et ne dites-plus «tissu écossais» pour parler d'un tartan... 

Pour finir, couper du tartan afin d'y tailler un vêtement suppose quelques questions préalables... motif symétrique ou motif asymétrique, quel métrage ? si on veut un beau résultat.

Bon Tartan Day !

*à consommer avec modération

On peut lire aussi  le très documenté chapitre consacré à la «Tradition des Highlands» de Hugh Trevor-Roper dans l'ouvrage d'Eric Hobsbawm et Terence Ranger «L'invention de la tradition» publié par les Éditions Amsterdam en 2012 pour y découvrir que le kilt est un  costume traditionnel somme toute assez récent. (Mise à jour 2020 12 03)

Vos prochains rendez-vous textiles...

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Textiles médiévaux

6 Mars 2019 , Rédigé par Tata Georgette Publié dans #Fibres à la folie, #Billet du jour

«Près de quatre-vingt fragments de textiles de l’époque médiévale sont aujourd’hui conservés dans différents lieux (monuments historiques, musées, dépôts archéologiques) de l’ancienne région Midi-Pyrénées, dont les plus anciens sont datables du IXe siècle. L’essentiel provenant de trésors d’église – seuls quelques-uns d’entre eux ont été découverts en contexte archéologique – le vêtement religieux est mieux connu que le vêtement civil. De plus, l’essentiel est conservé à l’état de fragment, ne laissant plus d’espoir de reconstituer la forme originale du vêtement. Néanmoins, leur répartition et la nature de leurs fibres ou décor donnent de précieuses indications sur la consommation des textiles au Moyen Age dans le Sud-Ouest.»

Tel sera le propos d'Ariane Dor, conservatrice du patrimoine à la DRAC-Toulouse, lors de la conférence «Vêtements et textiles médiévaux conservés en Midi-Pyrénées : bilan et perspective» qu'elle donnera le 13 mars prochain au Musée Saint-Raymond. Cette conférence est organisée en partenariat avec le laboratoire Traces, dans le cadre des Mercredis de l'archéologie. Il est à noter que les textiles anciens étaient jusqu'à récemment très méconnus en raison de la difficulté de la conservation de ces matériaux. Il faut en effet un climat très sec, comme pour les textiles coptes, ou très humide comme pour cette robe pêchée au fond de la mer... dans le premier cas, les textiles sont protégés des moisissures, champignons et autres parasites, dans le second ils sont protégés de l'oxygène et de son action oxydante, et le mieux est aussi de les protéger de la lumière. Voilà des conditions rarement réunies sous nos climats... et cela explique la rareté du textile dans les collections antiques et médiévales, contrairement au métal ou d'autres matériaux plus pérennes. Toutes ces raisons expliquent aussi pourquoi le fragment de vêtement d'évêque (ill. jointe), provenant de la cathédrale de Tarbes, ressemble à un petit détritus... ce qui est bien dommage.

Quand : à 18h30 le mercredi 13 mars 2019
Où : Musée Saint-Raymond - Place Saint-Sernin - 31000 Toulouse
Réservation conseillée ici.

Vos prochains rendez-vous sur l’agenda...

 
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Le chat qui pelote

8 Janvier 2019 , Rédigé par Tata Georgette Publié dans #Fibres à la folie, #Billet du jour

Ce billet s'adresse aux personnes qui ont un beau pull en laine, angora, cachemire ou alpaga. Et un chat. Et ce chat exprime son goût pour précisément ce beau pull en le pétrissant avec ardeur.

Parmi les particularités comportementales des chats domestiques, il y en a une qui consiste en effet à pétrir des objets souples avec les pattes avant, mouvement accompagné d'un très subtil ronronnement. Quand un chat s'adonne à cette activité, il semble que rien ne peut l'en distraire. C'est ce qu'on appelle un caractère de néoténie, c'est-à-dire la persistance de comportements juvéniles - voire de bébé - toute leur vie durant. Cette caractéristique que l'homme développe au plus haut point (qui tète sa cigarette ?... ou qui joue toute sa vie ? qui apprend toute sa vie ?) est adoptée par les animaux domestiques, en particulier ceux qui vivent à notre contact étroit, dans notre intimité. Parmi les caractères néoténiques du chat, il y a aussi le miaulement, alors que les chats sauvages ou les chats vivant librement de façon indépendante ne miaulent pas, sauf pendant leur petite enfance pour appeler leur mère puis lors de la période des amours.

Cette néoténie s'observe aussi chez de nombreuses autres espèces animales avec chaque fois les comportements juvéniles propres à leur espèce, comme par exemple les chiens qui remuent la queue et aboient comme le font les petits loups qui eux, une fois devenus adultes abandonnent ces comportements de leur prime jeunesse.

Pourquoi un tel phénomène ? est-ce parce que, libéré du souci de pourvoir à sa subsistance, l'animal prolonge indéfiniment son enfance sous la tutelle humaine qui en plus de le nourrir éloigne les prédateurs éventuels...

Donc, pour résumer, votre chat ronronne, et vous trouvez cela normal pour un chat alors que c'est le résultat de la domestication, votre chat joue avec des babioles et vous trouvez également cela normal... etc. et bien, il faut accepter que ce chat, même très âgé, pétrisse un vêtement. N'essayez pas de l'en dissuader, de lui rappeler que ce n'est plus de son âge... car si jouer est pour lui un entraînement à la chasse, pétrir lui rappelle le bon vieux temps où il pétrissait les flans de sa mère à l'heure de la tétée... Son choix se porte en général sur un vêtement d'une personne avec laquelle il se sent en confiance. C'est plutôt flatteur, non ? oui, mais mon pull ? À vrai dire, votre chat ne fera pas la différence entre le pull en cachemire et une vieille tenue de sport en coton, pas trop propre (qui porte ainsi très bien votre odeur - si elle sort du lave-linge, elle porte l'odeur de la lessive qui ne sent pas du tout comme sa mère ni comme vous)... miam... donc, laissez lui toujours à porter de pattes une telle défroque, son bonheur sera parfait. Et s'il insiste sur le pull en cachemire, une toute petite goutte d'essence de menthe poivrée, sur une couture du pull, donc sur l'envers devrait suffire à l'envoyer peloter ailleurs.


Vos prochains rendez-vous sur l’agenda...

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