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Tata-Georgette

billet du jour

Pourquoi tant de bibles ?

16 Avril 2022 , Rédigé par Tata Georgette Publié dans #Billet du jour, #Lectures textiles

L’étymologie du mot « bible » vient du grec « biblia », livres. Outre l’acception religieuse de Bible avec une majuscule, bible sans majuscule désigne par extension un livre de référence, qui fait ou veut faire autorité dans son domaine, souvent consulté et destiné à une certaine pérennité.

Pourquoi tant de bibles de tricot  ? de crochet  ? de broderie  ? de couture  ? etc. Tout avait pourtant commencé de la façon la plus laïque qui soit avec la merveilleuse et intarissable « Encyclopédie des ouvrages de dames » publiée par Thérèse de Dillmont en 1886, avec un nombre prodigieux de techniques présentées (et pas seulement des techniques occidentales), avec une grande précision des dessins et surtout avec un plan méthodique ; toutes ces qualités, très pédagogiques et novatrices à l’époque, en font un ouvrage toujours d’actualité et d’ailleurs régulièrement réédité. Choisir le mot « encyclopédie » exprimait bien la volonté de placer les « ouvrages de dames » dans le vaste domaine du savoir humain, de les sortir de la relégation des « passe-temps ».

Si je m’en tiens à la pile des livres dont je dispose et à une recherche bibliographique rondement menée, il semble bien que les « bibles » nous sont venues du monde anglo-saxon, ces contrées exotiques où chaque chevet de lit compte une Bible. Pour placer le domaine des activités textiles dans le monde du sérieux, il semble que ce soit la référence biblique qui fonctionne le mieux outre-Manche et outre-Atlantique.

En tout cas, les bibles actuellement disponibles en français sont très souvent des traductions de l’anglais comme l’ouvrage de Debbie Bliss ci-dessous. Toutefois, à la différence de la Bible, l’ouvrage est signé par son autrice, même si dans son introduction elle remercie la « communauté du tricot » qui l’a aidée ou inspirée.

On y retrouve certaines les qualités de la grande ancêtre Dillmont, à savoir un plan cohérent et bien construit, des dessins clairs, des photos aussi – même si les dessins sont souvent bien plus faciles à comprendre que les photos pour la raison que le dessinateur élimine tous les éléments parasites. Les explications y sont compréhensibles et bien traduites. Dans cette bible, il est assez peu question de points mais plutôt de l’ensemble des techniques concernant la maille, du choix de la fibre au montage final de l’ouvrage. Une bonne partie du livre est d’ailleurs consacrée aux finitions, point particulièrement douloureux pour beaucoup de tricoteuses débutantes.

Il y a bien d’autres bibles, comme  :

qui reprend certes la tradition biblique de l’anonymat des auteurs... (inspiration divine  ? ? ?  non   ! c’est un collectif dirigé par les Éditions Marie-Claire) et qui s’en tient prudemment à décrire 300 points. Il faut noter au passage que cet ouvrage a de nombreuses qualités formelles, d’abord la classification raisonnée des points par grandes familles, une photographie du point tricoté, des explications rédigées et des schémas très compréhensibles. À mon humble avis, ces deux ouvrages se complètent très bien et devraient tenir une bonne place dans les paniers à ouvrages. À une réserve près... personne n’a jamais pu apprendre à nager en lisant un manuel de natation ni en prenant « Le Grand bain » comme tutoriel... Les livres techniques sont à réserver aux personnes qui ont acquis les bases par la transmission directe de Maitre Jedi à Padawan, ou plus probablement de grand-mère à petite-fille. À défaut de grand-mère ou de Maitre Jedi, il y a Tata Georgette.

Il y a bien sûr des encyclopédies comme « L’Encyclopédie du tricot » de Katharina Buss, dont le titre original en allemand « Das Grosse Ravensburger Strickbuch » n’a rien d’encyclopédique ni de biblique. Mais l’éditeur a jugé que le terme « encyclopédie » était plus approprié pour le marché francophone, sans compter que la traduction littérale « Grand livre de tricot Ravensburger » en ferait un livre invendable en France...

Et cela c’était pour s’en tenir à quelques titres de référence consacrés au tricot. Il en existe aussi pour le crochet, quoique leurs ambitions soient en général plus mesurées...

Ce dernier ouvrage est également une traduction d’un original en anglais...

et aussi une bible éditée par les Éditions Marie-Claire, qui possède les mêmes qualités formelles que la bible du tricot  chez le même éditeur  :

On vous  promet même d’accéder facilement au paradis des crocheteuses  :

Pour la broderie  et la couture, les bibles sont en général spécialisées sur un domaine... mais alors, est-ce que ce sont encore des bibles  ?

...

...

Il est à noter que de nombreux titres qui se donnent comme propos de faire le tour encyclopédico-biblique d’une technique, qu’ils soient rédigés par des auteurs francophones ou qu’il s’agisse de traductions du japonais, s’en tiennent de façon pragmatique à « Précis de... », « Manuel de...  »., « Guide de... », « Les Bases de... ».  Bref, sans aucune ambition de sauver le monde.

Joyeuses Pâques  ! ! !

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Changement de saison

12 Avril 2022 , Rédigé par Tata Georgette Publié dans #Atelier, #Billet du jour

Avec le retour du printemps revient le temps du grand ménage, du grand rangement de printemps. C’est aussi le moment de changer peu à peu de garde-robe. On ressort les vêtements de mi-saison, bientôt ceux de la belle saison et on remise les gros pulls, les vêtements chauds ainsi que les accessoires tels que écharpes, chapeaux d’hiver, chaussettes et gants.

C’est le moment idéal pour tout inspecter et faire réparer – ou de réparer si on sait faire –, pour repriser les trous, les accrocs, pour nettoyer ou faire nettoyer au pressing toutes ces pièces saisonnières afin qu’elles soient prêtes dès le retour de la froidure.

Pourquoi attendre d’avoir à nouveau besoin des vêtements et accessoires d’hiver pour les faire réparer  ? il vaut mieux le faire maintenant puis de les ranger dans leur housse de protection en attendant les frimas, en veillant à les protéger des mites.

Pour préparer l’hiver prochain, on peut d’ores et déjà apprendre à tricoter mitaines, moufles ou gants.

Par ordre de difficulté, on commence par les mitaines...

puis on progresse en tricotant des moufles...

On peut les tricoter à l’ancienne avec un jeu de cinq aiguilles ou avec des aiguilles circulaires, il reste six bons mois pour apprendre.

Pour finir par les gants, avec leurs dix doigts... ou rêver sur les beaux gants de Millau tels ceux présentés dans la vidéo ci-dessous...

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Le grand retour des Puces...

25 Mars 2022 , Rédigé par Tata Georgette Publié dans #Bonnes affaires, #Billet du jour

N’oubliez pas, la semaine prochaine  :

 

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L’éternel retour de la saharienne...

18 Mars 2022 , Rédigé par Tata Georgette Publié dans #Billet du jour, #Loin d'ici...

Le sable du Sahara, porté par un vent énergique, recouvre depuis quelques jours une grande partie de l’Europe. Donc, nous sommes nombreux à avoir dû nettoyer les parebrises, les vitres  ; quelques personnes ont même glissé sur une neige ocre

La mode a depuis longtemps trouvé une source d’inspiration dans cette région du monde qui n’a pas toujours été un désert. Cela a commencé avec la veste militaire des Anglais dans les zones tropicales, bientôt imitée par toutes les armées coloniales, tout au long du XXe siècle. Assortie avec un chapeau en liège, des chaussettes blanches, off course...

En toile de coton ou de lin, au tombé souple, taillée ample autour du corps, avec ses quatre poches carrées plaquées devant, un boutonnage qui peut en cas de besoin (à cause du sable  ? ? ?) monter jusqu’au cou, des épaulettes, une ceinture, des manches longues – et dans ce cas avec un boutonnage aux poignets) ou parfois courtes, la veste saharienne permettait de barouder sans crainte, en ayant tout le nécessaire à portée de main (crayon, carnet, canif, voire quelques munitions, fiole d’alcool et divers autres petits objets indispensables pour conquérir le monde).

Ce modèle de veste a été transmis aux civils par Hemingway qui la portait en toutes circonstances dans les années 1930. Aussitôt adoptée par le cinéma, elle annonçait le personnage viril parti à l’aventure, qui n’avait peur de rien, capable d’installer un campement d’urgence, de faire du feu avec du bois mouillé et de briser les cœurs...

C’est Yves Saint-Laurent qui adapte cette veste masculine dans le vestiaire féminin, en proposant une « tenue de safari », en 1967. Grâce au succès immédiat remporté par ce modèle en toile beige, très fonctionnel, cette forme de veste a été sans cesse adoptée dans les collections de YSL, puis plus largement dans les collections de nombreux couturiers ainsi que dans la confection industrielle de nombreuses marques.

Yves Saint-Laurent – 1ère saharienne revisitée dans la collection 2002

Déclinée d’abord en tailleur-pantalon, puis en tailleur jupe, enfin en robe, depuis plus de cinquante ans, la « saharienne », tout en étant sans cesse adaptée à l’air du temps est définitivement entrée dans nos garde-robes. Devenue un classique de la garde-robe féminine, c’est un beau modèle de lutte contre l’obsolescence de la mode, car franchement, si vous ressortez la saharienne de votre mère ou de votre grand-mère... vous ne serez pas démodée, alors qu’avec un pantalon patte d’éph... effet ringard assuré.

Modèle Devernois

Dans sa forme « robe », c’est surtout un modèle d’été, souvent en coton ou lin, éventuellement mélangés avec un peu de polyester pour être un peu moins froissable. Les couleurs ont gardé l’empreinte militaire d’origine  : beige, brun, kaki, blanche, ocre, bref des couleurs discrètes pour se fondre dans le paysage, et en général unies, sans aucune impression. Elle est toujours autant appréciée pour son côté fonctionnel, pratique, pour toutes les circonstances de la vie quotidienne.

Pour les couturières amateures que nous sommes, ce type de robe représente un beau défi  car s’il n’y a pas de pinces, il a les poches plaquées qu’il faut aligner au millimètre, une patte de boutonnage, des surpiqûres visibles et qui doivent donc être parfaites, éventuellement des manches montées, soit un gros travail de précision. Mais après, qu’est-ce qu’on est fières d’avoir réussi  ! ! !

Modèle Burda

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