Kumihimo
La technique de tressage dite «kumihimo» vient du Japon où elle a pendant longtemps servi à réaliser des cordelettes pour les armures et les sabres, pour les vêtements d'apparat. Il en existait de plusieurs sortes selon l'usage auxquels on les destinait, selon la fibre utilisée et selon le rang de la personne qui utilisait ces cordons. Au fil du temps, les motifs ainsi créés se sont multipliés et ont atteint un grand raffinement. Depuis l'interdiction du port du sabre, en 1876, les kumihimo ont acquis une fonction purement décorative sur le vêtement féminin en particulier.
Aujourd'hui la technique, devenue un hobby, est plutôt destinée à fabriquer des petits bijoux, des bracelets, des colliers, des ceintures avec de beaux fils de soie ou de coton. Ce travail de tressage s'effectue sur un disque circulaire où l'on a au préalable tracé et découpé 32 encoches sur la circonférence et un trou au centre.
Pour découvrir cette technique qui demande un brin de patience mais qui donne très vite de beaux résultats, voici un tutoriel compréhensible, d'une part parce qu'il est en français, (pour les kumihimo, la plupart sont en anglais, japonais, espagnol, russe...) et d'autre part parce que son auteur, Bruno, explique les différentes étapes très clairement.
Et pour compléter le sujet, quelques livres parus récemment sur cette technique qui peut constituer une première approche des loisirs textiles pour des enfants (et des adultes).
- 50 bijoux en kumihimo - par Beth Kemp - Éd. Fleurus, 2014 - l'art du tressage japonais expliqué étape par étape et des modèles faciles à réaliser.
- Kumihimo, 25 créations méli-mélo - par Annabel Benilan - Éd. Dessain et Tolra, 2015 - un disque de tressage est intégré dans la couverture
Dernière précision : on trouve les cordons, fils et petites attaches dans la plupart des merceries.
Trente-deux artistes suivent le fil rouge
Fiber Art Fever est un collectif d'une cinquantaine d'artistes qui ont choisi le textile comme matériau de base de leurs créations. Ils ont choisi de réaliser une exposition commune auutour du fil rouge à Roubaix, dans la Manufacture des Flandres. Quasiment toutes les techniques textiles y sont représentées : broderie, tricot, crochel, tissage, feutrage, etc.
Coucou ! on aimerait bien que vous veniez exposer aussi à Toulouse !
À visiter jusqu'au 5 avril, à Roubaix
Pour voir le catalogue d'exposition : cliquez ici.
Illustration : Paty Vilo - Des fleurs dans les yeux
De l’art de rebuter les tricoteuses débutantes
La scène suivante a été observée dans une boutique de laine (à Toulouse, mais c’est aussi possible ailleurs) :
La jeune cliente : - J’ai tricoté jusque là [elle montre les emmanchures] mais je ne sais pas faire les diminutions, c’est le premier pull que je tricote, pourriez-vous m’aider ?
La marchande : - D’où vient la laine ? ah bon ! elle vient d’ici... Bon, donnez-moi votre ouvrage, je vais vous faire voir.
La jeune cliente : - Merci Madame !
La marchande fait les diminutions à toute allure, sans rien expliquer, sans même se préoccuper de savoir si la jeune cliente voit peu ou prou ce qui se passe...
La jeune cliente : - Ouh la la ! vous allez trop vite, je ne comprends pas du tout comment vous faites !
La marchande : - Bon, vous voyez, c’est simple non ? il suffit de faire des diminutions de chaque côté.
[ ! ? ! ? ! ben voyons ! ]
Et la marchande continue rageusement en faisant bien comprendre qu’elle n’a pas que ça à faire...
- La marchande : - Pour le dos, si vous n’êtes pas capable de faire les diminutions, revenez me voir.
Et hop, voilà les diminutions terminées, sauf que la jeune cliente n’a rien pu comprendre, n’a rien pu apprendre, qu’elle ne sait toujours pas faire les diminutions, et qu'en prime, elle s'est faite traiter de demeurée...
Moralité de l’histoire : la carrière de tricoteuse de la jeune cliente s’arrête là devant la menace de devoir à nouveau affronter le dragon.
Autre moralité de l’histoire : la marchande a perdu une future cliente et les amies de celle-ci qui leur racontera l’anecdote, tandis que de son côté elle se répandra en jérémiades sur les jeunes qui ne veulent plus tricoter... que de son temps blablabla !
Moralité des moralités précédentes : une nouvelle génération de tricoteuses ne demande qu'à apprendre. C'est d'ailleurs vrai pour tous les autres travaux d'aiguilles. C'est plutôt une bonne nouvelle, non ? Assurons-nous seulement de bien transmettre nos savoir-faire.
Sweatshop
«Sweatshop» est une téléréalité norvégienne qui envoie trois jeunes gens nés et grandis dans le confort nordique et tous fadas de mode travailler dans un atelier cambodgien.
Bien que «Sweathop» ne nous apprenne rien de nouveau sur l'origine d'une bonne part des vêtements proposés dans les boutiques de mode, ni sur les conditions de fabrication et de travail des ouvrières et des ouvriers asiatiques, bien qu’il y ait à mon goût beaucoup de larmoiements (et pas assez d’analyse), et bien que le tournage n’ait sans doute pas eu lieu dans l’atelier le plus infect, et que le tout soit savamment scénarisé selon les canons désormais bien rodés du style télé-réalité, la démonstration est éloquente si vous avez raté un épisode du Kapital de KMarx.
En cinq épisodes, voici le premier, avec l’arrivée sur place, il fait chaud, promenade au marché, on commence en douceur. Ça se corse avec les épisodes suivants. En norvégien, sous-titré en anglais.

