explorations textiles
Déchets sublimés
Prenez des bouts de lin, de coton et si possible de chanvre, touillez bien - procédez à quelques autres manipulations - et vous obtenez du papier, ainsi que cela se fait
L'exposition «Seconde vie du papier ou le déchet sublimé» - c'est-à-dire la troisième vie du tissu - est à voir - montre comment peuvent être recyclés par des artistes de cartes routières, des emballages en papier, des journeaux, des prospectus publicitaires, bref tous les papiers que nous rencontront tous les jours. «Recyclés» n'est pas le mot le plus adapté, il vaudrait mieux dire métamorphosés, embellis. Par un curieux retournement, les plasticiens, pour leur donner une deuxième vie, utilisent de nombreuses techniques textiles car
Lieu : Moulin du Got (datant du XVe siècle) - 87 Saint-Léonard de Noblat – tel 05 55 57 18 74
Jusqu'au 31 octobre 2015
Encore quelques semaines...
Encore quelques semaines pour aller voir l'exposition «Jean Paul Gaultier» au Grand Palais, à Paris. Sinon, il reste la possibilité de regarder le DVD qui accompagne l'exposition et qui permet de voir le couturier au travail, de la matière à la forme, du dessin au vêtement, jouer avec les trompe-l'œil, les silhouettes, inventer ou réinventer des formes qui sont devenues des «classiques» sous ses doigts. Du talent, rien que du talent et fort bien filmé.
Exposition à voir jusqu'au 3 août 2015.
Le DVD : Jean Paul Gaultier travaille - par Loïc Prigent - Diffusé par RMN-GP/Arte, 2015 - durée 52 min + bonus de 30 min.
Textiles japonais
Treize créateurs textiles européens participent à l’exposition «Regards sur la culture vestimentaire japonaise». Les Japonais, qui ont poussé très loin le raffinement du vêtement classent l’habillement en tête des trois choses essentielles à la vie, suivi
de la nourriture et de l’habitation. Les vêtements des créateurs contemporains présentés ici, dont Anne-Laure Coullomb, Cécile Feilchenfeldt, Marie-Hélène Guelton, Pietro Seminelli, Aboubakar Fofona, Textiles Zentrum Haslach, Ysabel de Maisonneuve, Luc Druez, sont inspirés de l’art et de la littérature japonaise et sont présentés conjointement avec des vêtements anciens.
À Albi
, au Musée Toulouse-Lautrec, on avait eu une idée du raffinement du vêtement traditionnel japonais, il y a trois ans, lors de l’exposition «Ukiyo-e, les maîtres de l'estampe japonaise» qui présentait la collection du Musée Isago no Sato de Kawasaki, avec des œuvres des plus grands artistes des XVIIIe et XIXe siècle (Hokusaï, Hiroshige Utamaro, Toyokuni, etc). Ces «images du monde flottant» montrent les plaisirs de la vie, dans toutes les classes de la société japonaise et on pouvait y voir de façon détaillée, entre autres choses, la variété et le raffinement des vêtements japonais. Si vous avez raté cette exposition, il est toujours possible de visiter l’exposition virtuelle de la BNF «Images du monde flottant» et la riche collection des estampes japonaises.
Également en ce moment, le travail de trente artistes textiles japonais fait l’objet de la belle exposition parisienne «Fiber futures
». Le «fiber art» est encore souvent considéré en France comme une sorte de sous-catégorie artistique à mi-chemin entre un artisanat baba-cool et un loisir féminin, autant dire rien de vraiment sérieux, en dépit des œuvres de Louise Bourgeois ou Annette Messager qui ont complètement intégré le textile dans leur production de sculpture, ou plus largement du collectif très actif «Fiber Art Fever» (français en dépit de son nom anglais...). Au Japon c’est une forme d’art à part entière, quelle que soit la fibre travaillée ou les techniques mises en œuvre et à laquelle les plus grands noms de l’art japonais ne dédaignent pas de se frotter.
Regards sur la culture vestimentaire japonaise – du 26 mai au 6 juin 2015 – Galerie Mingei – 5, rue Visconti – 75006 Paris
Fiber futures – du 6 mai au 11 juillet 2015 – Maison de la culture du Japon à Paris – 101bis, quai Branly – 75015 Paris - entrée libre
illustration : kimono Kirishigure de Marie-Hélène Guelton inspiré par un haiku du journal de voyage «Nozarashi Kiko» du poète Bashô : «Le jour où le mont Fuju est ivisible par la brume de pluie est aussi savoureux».
Porter le chapeau
Entre 1950 et 2013 Jacques Pinturier, modiste parisien, a réinventé le chapeau en en faisant une véritable sculpture. On lui doit notamment les voilettes en demi-lune qui firent fureur au mitan des années 50. Il a travaillé pour les plus grands de la mode, comme Nina Ricci à partir de 1964. puis Jean-Louis Scherrer, Molyneux, Dior, Balenciaga ou Schiaparelli.
Pour lui, pas de tête qui ne serait pas une tête à chapeau, il suffit de créer le chapeau qui révèle le visage qui est toujours sous ses doigts un chapeau léger, confortable, et souvent dans des formes abstraites et des matériaux originaux comme le rhodoïd, la toile de métal. En tout 80 pièces à admirer, faisant partie de sa collection personnelle qu’il avait confiée à l’Atelier-Musée du Chapeau.
Du 25 avril au 4 octobre 2015
Et pour en savoir plus sur les chapeaux, le magnifique ouvrage d’Éliane Bolomier, conservatrice du Musée du Chapeau (Chapeaux, mode et savoir-faire – Éditions De Borée, 2014 – 36€) qui comporte de très intéressants chapitres consacrés aux métiers complices des modistes, comme les formiers, les doreurs, les plumassiers, les fleuristes, les feutriers.

