explorations textiles
Derniers jours
«Pattes de velours...», l'exposition du Musée de la Mode d'Albi est visible jusqu'au 28 décembre (17, rue de la Souque - Albi - tel 05 63 43 15 90)
Pour compléter la visite et en savoir plus sur le velours, voici un film consacré à une sabreuse de velours. Pour sabrer le champagne, attendez encore quelques jours.
La danse des formes
Pour les heureux Parisiens - ou ceux qui seront à Paris pendant les fêtes - les 72 œuvres textiles de l'artiste japonais Samiro Yunoki entrées récemment dans les collections du Musée Guimet sont exposées.
Samiro Yunoki est un des plus grands artistes actuels de peinture au pochoir sur textile du Japon. Avec cette technique ancestrale japonaise - appelée là-bas katazome - il explore des formes inspirées de la peinture contemporaine, spécialement de la peinture française.
À voir au Musée Guimet, jusqu'au 12 janvier 2015
Pour tous les autres : le catalogue de l'exposition « La danse des formes» - 10€
À fleur de peau
Samedi 22, nous étions reçus par Sylvie Corroler-Talairach à la Fondation Écureuil pour visiter l'exposition Émilie Faïf, plasticienne qui travaille à la jonction des arts et du design, utilise beaucoup avec le textile pour ses sculptures ou ses installations. Par le textile, Émilie Faïf passe du paysage au corps, à l'intérieur du corps même. La fibre respire - non ce n'est pas un argument publicitaire, voyez ce cœur au rythme insoutenable dans une des caves de la Fondation.
La pièce qui m'a le plus plu est la tenture de très grande dimension qui fait d'une coupe anatomique de la peau un paysage poétique en volume, en rondeur. Point de rencontre entre l'extérieur du corps - exposé au rez-de-chaussée - et l'intérieur du corps - exposé au sous-sol, la peau est l'organe du toucher et quelqu'un dans le groupe a dit qu'il est très difficile de ne pas toucher, de tâter le tissu des œuvres exposées, alors que c'est un matériau connu de tous, que nous touchons d'ailleurs constamment, puisque nous en portons tous sur nous. Propos que corrobora notre hôtesse en disant que dans les musées, les galeries d'art, il est assez facile d'interdire de toucher le marbre, les métaux, les toiles peintes, en tout cas, ceux qui le font ne sont pas surpris qu'on les rappelle à l'ordre. Mais pour le tissu, c'est beaucoup plus difficile d'interdire au public de tâter. Y compris pour les personnes qui ne sont pas des intoxiquées graves comme votre servante. Peut-être son omniprésence, la familiarité que nous entretenons avec lui, lui ôte-t-il tout caractère de rareté, de fragilité, alors que c'est un matériau extrêmement difficile à conserver, à préserver de ses multiples agresseurs, dont le contact, le frottement. Peut-être aussi le tissu est-il inconsciemment perçu comme une extension de notre propre peau ? vivant comme elle, respirant comme elle.
En tout cas c'était une visite bien accompagnée, guidée par Sylvie Corroler-Talairach qui par ailleurs donne un cycle de conférences sur l'art contemporain et qui sait si bien rendre l'érudition souriante.
Et l'exposition d'Émilie Faïf est visible jusqu'au 27 décembre.
Objets intimes... derniers jours
Peintre accompli, acteur du foisonnement artistique des années 1939-1960, Jean Lurçat, nettement influencé par le cubisme, puis par le surréalisme, fut un dessinateur raffiné, un coloriste exigeant qui mit ses qualités au service de la tapisserie qu'il contribua à faire renaitre après la Deuxième guerre mondiale, à Aubusson ; il redonna ainsi toutes ses lettres de noblesse au métier de cartonnier et il a ensuite entrainé dans son sillage d'autres artistes majeurs, comme Picasso, Le Corbusier, Léger, Mirò, et d'autres encore dans cet art décoratif textile.
Ses œuvres sont exposées à l'abbaye-école de Sorèze jusqu'au 9 novembre ; elles proviennent de l'atelier-musée de Jean Lurçat à Saint-Laurent-des-Tours et des prêts d'œuvres d'une collection privée. À Sorèze, on peut voir des tapisseries, des dessins, des céramiques puisque Jean Lurçat pratiqua d'autres techniques artistiques.
Cette exposition vient en préfiguration de l'ouverture du Musée Dom-Robert. Nous en reparlerons prochainement.

