explorations textiles
La princesse au fond de la mer
Une malle contenant la garde-robe d'une dame aristocrate du XVIIe siècle est exposée pour quelques jours encore au Kaap Skil, musée du village d'Oudeschild. Ce trésor textile était enfoui à l'abri de la lumière et de l'oxygène à la suite du naufrage du bateau qui la transportait, ainsi que vraisemblablement la dame en question. Pour en savoir plus : cliquez ici.
À voir jusqu'au 16 mai 2016.
Poésie textile dans le Gers
Françoise Tellier-Loumagne est tombée dans la marmite de la création textile en 1969 et elle n'en est jamais ressortie. Elle a mené une belle carrière de formatrice dans les plus grandes écoles (Duperré à Paris, mais aussi à Lyon, à Montréal, etc.) et a rédigé quatre livres qui sont devenus des bibles dans ce domaine et traduits dans plusieurs langues, tous richement illustrés avec environ 600 illustrations par ouvrage, ils sont à la fois exemple de création et source d'inspiration, mais aussi guides pratiques par la précision des explications que l'auteur apporte à tous ceux qui voudront avoir une autre vision des travaux d'aiguilles, assez loin des travaux conventionnels de point de croix et autres travaux de patronage.
Françoise Tellier-Loumagne se consacre désormais à la création textile et puise son inspiration dans la nature, dans les nuages comme dans son ouvrage consacré au feutre, dans le monde végétal, mais aussi dans les murs de nos villes. Ce sont ses travaux qu'expose la galerie Eqart, démontrant une fois de plus que le textile a pleinement sa place dans l'art contemporain.
Où : Eqart - Galerie d'art - 21, rue Henri-Laignoux - 32230 Marciac - tel 05 62 09 36 83
Du mercredi au samedi, de 14h à 18h, jusqu'au 14 mai 2016
Ses livres :
Mailles, les mouvements du fil - Éd. Aubanel, 2003
Broderies - Éd. Aubanel, 2005
Feutres - Éd. Aubanel, 2007
1000 manières de créer - Éd. La Martinière, 2010
Costumes en scène
Les ateliers du Théâtre et de l'Orchestre national du Capitole de Toulouse sortent de leurs réserves des costumes d'opéra, de danse, de théâtre et montrent au public leur riche collection de costumes car le Théâtre du Capitole est l'un des rares théâtres français à pouvoir produire sur place l'intégralité de ses spectacles, tant pour les décors, la machinerie et les accessoires que pour les costumes grâce au savoir-faire exceptionnel des artistes, artisans et techniciens du spectacle.
Tous les costumes des artistes se produisant sur scène sont dessinés et cousus sur mesure par deux ateliers, l'atelier du flou pour les costumes féminins et l'atelier de tailleur pour les costumes masculins. Et quand on dit costume, on ne se limite pas seulement à la partie visible, mais aussi aux corsets, jupons, et tous les accessoires vestimentaires qui contribuent au costume. Tout un monde s'agite autour de ces costumes : le costumier qui travaille étroitement avec le metteur en scène, les couturières et tailleurs, les habilleuses. Bien sûr, les 16 000 costumes réalisés puis conservés par le Théâtre du Capitole ne seront pas tous présentés, mais on pourra y voir des pièces représentatives de ce patrimoine toulousain.
Lieu : Espace EDF au Bazacle - Jusqu'au 15 mai 2016
Autres billets sur les costumes de scène : ici - ici - ici - ici - ici et ici.
Mohair d'hiver
Quelque part en Ariège, vit un troupeau de chèvres angora. Menées par deux jeunes éleveurs passionnés, Loïc et Pauline, ces chèvres fournissent une toison remarquable, le mohair.
Cette fibre douce, très isolante et extrêmement légère est ensuite traitée, c'est-à-dire triée, nettoyée, filée, teinte, conditionnée, transformée, par une coopérative d'éleveurs français. La filière «mohair» représente à peine 1% de la production mondiale de fibres naturelles, et en France, encore moins. Il faut dire que cette race de chèvre, très ancienne a pendant longtemps été confinée sur les rudes plateaux anatoliens où elle s'était très bien adaptée au climat impitoyable de cette contrée. Elle n'est arrivée en Europe occidentale qu'au cours des années 1980. Est-ce que le climat des contreforts pyrénéens est aussi mordant ? Toujours est-il que la laine fournie par ces chèvres espiègles est d'excellente qualité.
J'avais assisté cet été à la tonte qui a lieu deux fois par an, en août puis ensuite en février. Autant dire que maintenant, courant décembre, les chèvres ont retrouvé une belle épaisseur de toison. Je ne sais pas pourquoi j'ai tant attendu pour publier ce billet, peut-être ai-je attendu le froid qui ne vient pas car l'hiver est à peine automnal. Mais enfin, ce matin, m'est venu une subite envie de douceur. Pour voir les beaux lainages proposées par la Ferme du mohair, il faut aller sur place où on trouve un très beau choix de pelotes de laines à tricoter et aussi de produits finis en maille (pulls, chaussettes, bonnets, écharpes et tricots divers) ou tissés comme de très belles étoles, des châles. Tout cela si douillet. On peut aussi se procurer ces articles dans une belle boutique en ligne.
Pour les amatrices de tricot main, il est préférable de tricoter avec des aiguilles assez épaisses pour que la fibre garde tout son gonflant. Le mohair se prête très bien à toutes sortes de mailles fantaisies, dont celles très aériennes de la dentelle Shetland, telle qu'elle est fort bien expliquée dans le livre d'Élisabeth Lovick «La Magie de la dentelle Shetland au tricot» publié par les Éditions de Saxe.
Pour y aller : c'est en Ariège, à Camarade. Lieu dit «Ferme du moulis». On peut y passer une belle journée et en profiter pour faire une belle excursion car la ferme est proche du Mas d'Azil.
ill. En cours de tonte, après la tonte, couverture de la Magie de la dentelle Shetland

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