Fruits rouges
Aïe ! une framboise écrasée sur le chemise. C'est une tâche. Ouille ! de la sauce tomate sur la nappe. C'est encore une tâche.
On pourrait continuer avec beaucoup de nos fruits ou légumes, en particulier ceux qui sont rouges. Par exemple la betterave rouge qui donne un bleu violacé dès qu'elle est mise au contact du vinaigre.
Mais un monde sépare la tâche accidentelle de la teinture. D'autant que le plus souvent, ces végétaux rouges ne produisent que des tâches, pas de la teinture, en tout cas pas par contact direct. La couleur produite est souvent fugitive, elle s'affadit vite au soleil. Juste assez tenace pour résister comme tâche.
Pour teindre vraiment, il y faudrait une grande quantité de végétal - vous, je ne sais pas, mais moi, je préfère me régaler avec les framboises du jardin, avec les myrtilles cueillies à flanc de montagne. Que sont devenues les essais de rouge de l'exposition «Rouge : de la cuve au corps...» au Musée Paul-Dupuy, visible jusqu'au 30 août. Ont-ils pâli, jauni, verdi, bleui ? Tout le panier du marché y était passé : betterave, rhubarbe, fraises, et les résultats étaient très variables, les végétaux les plus rouges ne produisant pas forcément un rouge très convaincant. En effet, de nombreux végétaux ne produisent pas un colorant semblable à leur couleur naturelle : c'est le cas du bleuet, du pissenlit, de la garance (note locale oblige !). Il faut donc ruser. Utiliser le bon mordant, le bon végétal sur la bonne fibre. Bref toute une chimie qui aboutit souvent au résultat que la couleur de la teinture obtenue est très différente de la couleur de la plante.
Pour en savoir plus sur la teinture végétale, le livre d'Élisabeth Dumont «Teindre avec les plantes tinctoriales» édité par Ulmer en 2010. Élisabeth Dumont est biochimiste, passionnée de botanique. Outre les aspects pratiques portant sur le choix des plantes et les processus à mettre en œuvre, cet ouvrage apporte de bonnes notions de chimie.
Ou encore une journée de stage avec l'AHPY (voir carnet d'adresses).
La République habillée
Exposition à voir : Habiller le pouvoir : ors et symboles de la République de 1870 à 1936 du 21 juin au 2 novembre au Musée de Labastide-Rouairoux qui organise par ailleurs de nombreuses animations tout au long de l'été. On pourra par exemple s'initier à la broderie avec des fils d'or pour qui fait la grandeur des fastes républicains sur les drapeaux, les uniformes, les décorations.
Petit quizz : quels sont les galons de l'illustration de ce billet ? quel corps ? quels grades ?
Si on préfère l'exotisme, la technique du bogolan, originaire du Mali, est vivement conseillée, tout comme la technique du batik. Ces deux techniques de teinture font l'objet de journées de stage.
Sans compter que le premier dimanche de chaque mois, l'entrée et la visite guidée du musée sont gratuites.
À noter dans votre agenda
Sept créatrices se regroupent pour organiser un vide-atelier dans le but de faire de la place pour les prochaines collections qu'elles nous concoctent. On y trouvera des tissus et de la mercerie à des prix très sympathiques.
Lieu : Chez Scaax - 9, rue du Languedoc - M° Carmes ou Parlement
Quand : le samedi 28 juin, de 10h à 18h.



