lectures textiles
Le Japon en Alsace
À voir absolument cet été, à Mulhouse, les deux expositions proposées par le MISE (autrement dit le Musée d'Impression sur étoffes) et toutes les deux consacrées au Japon.
Dès l'ouverture du Japon a commerce international, en 1853, d'intenses relations commerciales se sont nouées entre le Japon et Mulhouse. L'industrie mulhousienne a trouvé au Japon un renouvellement de ses thèmes d'impression et a exporté au Japon une part de sa production imprimée, notamment des mousselines de laine sur lesquelles les Mulhousiens (Thierry Mieg, les frères Heilmann, Scheurer, etc) savaient aussi bien imprimer que sur le coton, en dépit de la difficulté à travailler sur ce matériau beaucoup plus délicat que le coton. Mais les modes européennes influencent aussi la production textile japonaise.
Il était donc logique de consacrer une exposition à ces influences réciproques sur la production des textiles imprimés des deux pays «Impressions du Soleil Levant».
C'est aussi l'occasion pour le MISE d'accueillir la la plus japonaise des maisons de couture française, Léonard, avec les travaux de Daniel Tribouillard, notamment ses superbes jersey de soie imprimée.
À défaut d'aller en Alsace, le catalogue «Impressions du Soleil levant 150 ans de relations Alsace-Japon» 15€
Jusqu'au 15 octobre 2015
Design de mode
- VOLPINTESTA Laura - Les fondamentaux du design de mode : les 26 concepts clés du stylisme - trad. de l'anglais - Dunod, 2014
Très beau livre remarquablement bien illustré avec près de 500 photographies et croquis. Outre les 26 concepts-clés (couleur, forme, silhouette, ligne, biais, etc), 26 grands couturiers sont présentés pour leur apport au stylisme (Agatha Ruiz de la Prada, Sonia Rykiel, Betsey Johnson, Vera Wang, Monique Lhuillier, Tracy Reese, Isabel & Ruben Toledo, Byron Lars, Carlos Miele, Stella McCartney, Rei Kawakubo, Alix Grès, Sergio Davila, Katya Leonovich, Zandra Rhodes, Issey Miyake, Lily Blue, Diane von Furstenberg, Duro Olowu, Claire McCardell, Patrick Kelly, Desigual, Manish Arora, Ana Locking, Isabela Capeto, Anna Sui). Bref, il s'agit d'un tour du monde de la création de mode d'autant plus intéressant que l'ouvrage est très précis sur le plan technique. Il faut dire que Laura Volpintesta enseigne à New York le désign textile et les techniques de création (et qu'on aimerait bien suivre ses cours).
Disponible à la Bibliothèque municipale de Toulouse.
Festival de Cannes
Les vêtements portés par les actrices de cinémas marquent parfois leur époque, soit en révélant une mode déjà dans l'air, soit en la créant de toute pièce. On se souvient, entre autres, de Grâce Kelly, d’Audrey Hepburn, de Brigitte Bardot dont les tenues ont inspiré de nombreuses couturières cinéphiles.
C’est le propos du livre «S'habiller comme au cinéma : tenues mythiques du cinéma français à réaliser soi-même» par Colette Tabeling, Jean Serroy (édité par La Martinière) qui présente une sélection de tenues portées dans 12 films qui ont fait date comme le Le Quai des brumes, À bout de souffle, La Baie des Anges, Les Demoiselles de Rochefort,... l’Été meurtrier, etc. Donc des modèles «vintage» certes, mais qui sont encore présent dans nos souvenirs cinématographiques.
Ce livre (avec sa pochette de patrons) est disponible à la Bibliothèque municipale de Toulouse qui a développé depuis quelques temps déjà un rayon de livres avec patrons. Comme je m’inquiétais auprès des bibliothécaires de la pérennité de ces patrons, elles me disaient que ces pochettes revenaient ordinairement complètes et en bon état après chaque emprunt. Les emprunteuses s’en servent - cela se voit au pliage qui n'est pas toujours refait à l'identique, mais il n'y a pas de dégradation (découpe, déchirure, crayonnage, etc.) ; en clair, chacune en prend soin et c'est très bien ainsi. Et les personnes qui ne savent pas coudre ne s’intéressent pas à ce genre de livre, et ça c'est bien dommage de délaisser ce beau loisir qu'est la couture.
Porter le chapeau
Entre 1950 et 2013 Jacques Pinturier, modiste parisien, a réinventé le chapeau en en faisant une véritable sculpture. On lui doit notamment les voilettes en demi-lune qui firent fureur au mitan des années 50. Il a travaillé pour les plus grands de la mode, comme Nina Ricci à partir de 1964. puis Jean-Louis Scherrer, Molyneux, Dior, Balenciaga ou Schiaparelli.
Pour lui, pas de tête qui ne serait pas une tête à chapeau, il suffit de créer le chapeau qui révèle le visage qui est toujours sous ses doigts un chapeau léger, confortable, et souvent dans des formes abstraites et des matériaux originaux comme le rhodoïd, la toile de métal. En tout 80 pièces à admirer, faisant partie de sa collection personnelle qu’il avait confiée à l’Atelier-Musée du Chapeau.
Du 25 avril au 4 octobre 2015
Et pour en savoir plus sur les chapeaux, le magnifique ouvrage d’Éliane Bolomier, conservatrice du Musée du Chapeau (Chapeaux, mode et savoir-faire – Éditions De Borée, 2014 – 36€) qui comporte de très intéressants chapitres consacrés aux métiers complices des modistes, comme les formiers, les doreurs, les plumassiers, les fleuristes, les feutriers.



